Kalind - Chasseur de trésor
Publié : dim. déc. 29, 2019 10:27 pm
Chapitre 1 : Le temple perdu
Kalind était finalement arrivé à sa destination. Le grand temple de Zeus. Le lieu était mentionné dans de nombreuses légendes qui rivalisaient l'une contre l'autre pour décrire sa magnificence. Un sol pavé de véritables feuilles d'or, des marbres plus brillants que des joyaux et des statues d'une telle perfection qu'on pourrait les confondre avec des êtres de chair.
Bien sur... tout n'était plus que ruines, désormais. La végétation avançait en rampant pour reprendre le contrôle de l'endroit et plusieurs colonnes s'étaient déjà effondrée sous l'assaut végétal. Les anges l'avaient abandonné il y a des siècles et il était lentement tombé dans l'oubli, s'effaçant de la mémoire des hommes.
Retrouver sa position n'avait pas été une mince affaire. C'était l'histoire d'une vie entière que de récolter les quelques indices gisant dans des livres poussiéreux et dispersés aux quatre coins du monde connu.
"L'oeuvre de ta vie, mon père. Ton rêve n'était pas vain. Il est là... le temple de Zeus."
Un sourire triomphant éclaira le visage de l'homme malgré son épuisement apparent. il semblait effectivement avoir connu de meilleurs jours. Son teint était pâle, des cernes profonds entouraient ses yeux et une barbe broussailleuse s'était emparée de ses joues. L'allure d'un homme qui n'avait connu ni le repos ni un bain depuis plusieurs jours. Ses habits n'avaient pas été plus épargnés par le voyage. Les jours d'errance avaient réduit sa tenue à un ensemble de loques informes qui ne tenait encore sur son corps que par miracle.
Cependant, la joie d'avoir atteint son objectif lui donna un second souffle et c'est d'un pas vif qu'il se dirigea vers l'entrée du temple.
"Les trésors des dieux nous appartiennent, père. Même... si tu n'es plus là pour le voir."
Une tristesse lourde à porter apparue brièvement sur le visage du voyageur mais il s'ébroua rapidement pour ramener sa conscience sur le moment présent.
"Les Anges sont avares de leurs richesses et laissent souvent des pièges pour les vol... hum... les hommes entreprenants dans mon genre. Je dois rester vigilant. Rien n'est encore gagné."
Prenant note de ses propres paroles, il se fondit dans les ombres. Les mouvements de l'intrus changèrent soudainement du tout au tout. On aurait dit un véritable chat capable de sauter d'un couvert à un autre dans le silence le plus complet. Les sens en alerte, il scrutait les alentours à la recherche de danger.
"Des golems ?" Lâcha-t-il dans un souffle en apercevant plusieurs de ces colosses de pierre patrouiller dans les allées du temple.
Ils étaient pour la plupart recouverts de plantes grimpantes voire même érodées au point d'en perdre un bras mais ils restaient encore capables de se déplacer et... sans aucun doute... de tuer.
"La magie des Anges à la peau dure. Ce ne serait que pitié que de laisser ces créatures prendre leur dernier repos."
Kalind hésita. L'endroit était-il vraiment abandonné ? L'état des gardiens semblait indiquer que oui mais le jeune homme ne pouvait se dépêtrer d'une inquiétude grandissante. Un mortel ne pouvait espérer rivaliser avec des êtres divins.
"Il suffit de ne pas être pris. Hors de question de faire demi-tour maintenant."
Déjouant la vigilance symbolique des sentinelles décrépies, il pénétra dans le sanctuaire.
"On repassera pour le sol pavé de feuilles d'or..." Maugréa t-il en passant sa main sur le dallage de pierre brute.
Avec un soupir, il se redressa et commença à scruter les environs. L'endroit semblait désert de toute présence mais le regard de l'homme fut immédiatement attiré par une série d'alcôves au fond du bâtiment. Chacune semblait abriter un objet et baignait dans un halo de lumière. Persuadé d'avoir trouvé ses trésors, Kalind entreprit de traverser le hall pour les rejoindre. Pressant, inconsciemment, le pas à l'occasion.
Étrangement, il se sentait attiré par une alcôve en particulier. Ignorant les autres il continua à s'avancer, répondant à l'appel silencieux. Une cape aux couleurs changeante s'y tenait. Elle virait du rouge vif au vert éclatant puis enfin au bleu sombre. Elle semblait suspendue dans les airs, comme maintenue dans cet état par un vent invisible et discret.
L'appel était devenu plus fort, plus insistant. Il restait cependant empreint d'une douceur presque amical. Sans y réfléchir, Kalind tendit sa main vers le tissu et l'effleura du bout des doigts.
"Qui ose pénétrer dans le temple de Zeus ?" Tonitrua une voix qui semblait être la fureur incarnée.
Une créature divine, un ange, se laissa tomber d'un étage supérieur du temple en déployant des ailes blanches d'une amplitude démesurée. Il atterrit derrière l'homme, coupant sa retraite et pulvérisant le dallage du sol dans un vacarme de fin du monde.
Vibrant d'une rage à peine contenue, il se redressa lentement et posa un regard brûlant sur l'intrus. Il était magnifique. Son corps semblait être l'illustration des paroles de mille poètes. Il incarnait la perfection et la puissance dans un seul être mais pour Kalind, à cet instant, il ne pouvait y avoir de vision plus terrifiante.
"Un mortel ? Misérable ! La demeure d'un dieu ne souffrira pas ta présence !"
Une épée nimbée de flammes blanches apparut soudainement dans la main de l'être angélique. Il la pointa droit devant lui pour en faire naître un tourbillon de feu qui se rua, en rugissant, vers l'indésirable.
Figé de stupeur, Kalind fut incapable de réagir. Il perçut un froissement rapide dans son dos et vit la cape passer devant lui pour se ruer vers les flammes. À la rencontre du brasier, le tissu adopta une couleur bleue et dans une explosion spectaculaire bloqua l'attaque de l'Ange.
Le silence retomba dans la salle. Une surprise profonde se peignait sur le visage angélique.
"Impossible..." Souffla-t-il. "Elle... le choisit ?"
Reprenant ses esprits, Kalind comprit qu'il devait rapidement trouver un moyen de quitter le temple.
"Je... euh... me suis perdu ! Mes excuses ! Je pensais l'endroit... abandonné ! Oui ! Je vais partir tout de suite !"
Le mépris remplaça la surprise sur le visage angélique. Il s'approcha à pas lent de l'humain.
"Tu n'iras nulle part. Ou plutôt... il est inutile de fuir. La cape t'a choisi. Elle te suivra désormais et te retrouvera si nécessaire."
Comme pour illustrer ses paroles, la cape s'anima de nouveau pour venir se poser sur les épaules de Kalind. Une chaleur douce commença à irradier du tissu.
"Elle appartenait à un de mes frères. Il a été tué au combat et... elle te choisit pour le venger."
Tant de sentiments apparaissaient sur le visage de l'Ange. La tristesse, la colère, l'incompréhension... il était fascinant de voir à quel point il était simple de lire dans un être aussi pur.
"Hum... mes condoléances pour votre frère mais... je ne suis pas un guerrier. Je ne saurais..."
"Tu as le choix. Tu peux fuir. La cape reprendra la vie qu'elle vient de sauver de mes flammes."
De nouveau, la cape répondit aux paroles de l'ange. La chaleur qu'elle émettait fut remplacée par un froid glacial qui jeta le jeune homme à genoux en le faisant trembler de tout son corps.
"Elle te donnera le cosmos pour combattre mais ton adversaire..." Il secoua la tête avec dépit "Tu ne seras jamais à la hauteur. Meurt avec honneur en repayant ta dette ou meurt comme le chien que tu es."
Sans un mot de plus, il déploya ses ailes et prit son envol.
Kalind était finalement arrivé à sa destination. Le grand temple de Zeus. Le lieu était mentionné dans de nombreuses légendes qui rivalisaient l'une contre l'autre pour décrire sa magnificence. Un sol pavé de véritables feuilles d'or, des marbres plus brillants que des joyaux et des statues d'une telle perfection qu'on pourrait les confondre avec des êtres de chair.
Bien sur... tout n'était plus que ruines, désormais. La végétation avançait en rampant pour reprendre le contrôle de l'endroit et plusieurs colonnes s'étaient déjà effondrée sous l'assaut végétal. Les anges l'avaient abandonné il y a des siècles et il était lentement tombé dans l'oubli, s'effaçant de la mémoire des hommes.
Retrouver sa position n'avait pas été une mince affaire. C'était l'histoire d'une vie entière que de récolter les quelques indices gisant dans des livres poussiéreux et dispersés aux quatre coins du monde connu.
"L'oeuvre de ta vie, mon père. Ton rêve n'était pas vain. Il est là... le temple de Zeus."
Un sourire triomphant éclaira le visage de l'homme malgré son épuisement apparent. il semblait effectivement avoir connu de meilleurs jours. Son teint était pâle, des cernes profonds entouraient ses yeux et une barbe broussailleuse s'était emparée de ses joues. L'allure d'un homme qui n'avait connu ni le repos ni un bain depuis plusieurs jours. Ses habits n'avaient pas été plus épargnés par le voyage. Les jours d'errance avaient réduit sa tenue à un ensemble de loques informes qui ne tenait encore sur son corps que par miracle.
Cependant, la joie d'avoir atteint son objectif lui donna un second souffle et c'est d'un pas vif qu'il se dirigea vers l'entrée du temple.
"Les trésors des dieux nous appartiennent, père. Même... si tu n'es plus là pour le voir."
Une tristesse lourde à porter apparue brièvement sur le visage du voyageur mais il s'ébroua rapidement pour ramener sa conscience sur le moment présent.
"Les Anges sont avares de leurs richesses et laissent souvent des pièges pour les vol... hum... les hommes entreprenants dans mon genre. Je dois rester vigilant. Rien n'est encore gagné."
Prenant note de ses propres paroles, il se fondit dans les ombres. Les mouvements de l'intrus changèrent soudainement du tout au tout. On aurait dit un véritable chat capable de sauter d'un couvert à un autre dans le silence le plus complet. Les sens en alerte, il scrutait les alentours à la recherche de danger.
"Des golems ?" Lâcha-t-il dans un souffle en apercevant plusieurs de ces colosses de pierre patrouiller dans les allées du temple.
Ils étaient pour la plupart recouverts de plantes grimpantes voire même érodées au point d'en perdre un bras mais ils restaient encore capables de se déplacer et... sans aucun doute... de tuer.
"La magie des Anges à la peau dure. Ce ne serait que pitié que de laisser ces créatures prendre leur dernier repos."
Kalind hésita. L'endroit était-il vraiment abandonné ? L'état des gardiens semblait indiquer que oui mais le jeune homme ne pouvait se dépêtrer d'une inquiétude grandissante. Un mortel ne pouvait espérer rivaliser avec des êtres divins.
"Il suffit de ne pas être pris. Hors de question de faire demi-tour maintenant."
Déjouant la vigilance symbolique des sentinelles décrépies, il pénétra dans le sanctuaire.
"On repassera pour le sol pavé de feuilles d'or..." Maugréa t-il en passant sa main sur le dallage de pierre brute.
Avec un soupir, il se redressa et commença à scruter les environs. L'endroit semblait désert de toute présence mais le regard de l'homme fut immédiatement attiré par une série d'alcôves au fond du bâtiment. Chacune semblait abriter un objet et baignait dans un halo de lumière. Persuadé d'avoir trouvé ses trésors, Kalind entreprit de traverser le hall pour les rejoindre. Pressant, inconsciemment, le pas à l'occasion.
Étrangement, il se sentait attiré par une alcôve en particulier. Ignorant les autres il continua à s'avancer, répondant à l'appel silencieux. Une cape aux couleurs changeante s'y tenait. Elle virait du rouge vif au vert éclatant puis enfin au bleu sombre. Elle semblait suspendue dans les airs, comme maintenue dans cet état par un vent invisible et discret.
L'appel était devenu plus fort, plus insistant. Il restait cependant empreint d'une douceur presque amical. Sans y réfléchir, Kalind tendit sa main vers le tissu et l'effleura du bout des doigts.
"Qui ose pénétrer dans le temple de Zeus ?" Tonitrua une voix qui semblait être la fureur incarnée.
Une créature divine, un ange, se laissa tomber d'un étage supérieur du temple en déployant des ailes blanches d'une amplitude démesurée. Il atterrit derrière l'homme, coupant sa retraite et pulvérisant le dallage du sol dans un vacarme de fin du monde.
Vibrant d'une rage à peine contenue, il se redressa lentement et posa un regard brûlant sur l'intrus. Il était magnifique. Son corps semblait être l'illustration des paroles de mille poètes. Il incarnait la perfection et la puissance dans un seul être mais pour Kalind, à cet instant, il ne pouvait y avoir de vision plus terrifiante.
"Un mortel ? Misérable ! La demeure d'un dieu ne souffrira pas ta présence !"
Une épée nimbée de flammes blanches apparut soudainement dans la main de l'être angélique. Il la pointa droit devant lui pour en faire naître un tourbillon de feu qui se rua, en rugissant, vers l'indésirable.
Figé de stupeur, Kalind fut incapable de réagir. Il perçut un froissement rapide dans son dos et vit la cape passer devant lui pour se ruer vers les flammes. À la rencontre du brasier, le tissu adopta une couleur bleue et dans une explosion spectaculaire bloqua l'attaque de l'Ange.
Le silence retomba dans la salle. Une surprise profonde se peignait sur le visage angélique.
"Impossible..." Souffla-t-il. "Elle... le choisit ?"
Reprenant ses esprits, Kalind comprit qu'il devait rapidement trouver un moyen de quitter le temple.
"Je... euh... me suis perdu ! Mes excuses ! Je pensais l'endroit... abandonné ! Oui ! Je vais partir tout de suite !"
Le mépris remplaça la surprise sur le visage angélique. Il s'approcha à pas lent de l'humain.
"Tu n'iras nulle part. Ou plutôt... il est inutile de fuir. La cape t'a choisi. Elle te suivra désormais et te retrouvera si nécessaire."
Comme pour illustrer ses paroles, la cape s'anima de nouveau pour venir se poser sur les épaules de Kalind. Une chaleur douce commença à irradier du tissu.
"Elle appartenait à un de mes frères. Il a été tué au combat et... elle te choisit pour le venger."
Tant de sentiments apparaissaient sur le visage de l'Ange. La tristesse, la colère, l'incompréhension... il était fascinant de voir à quel point il était simple de lire dans un être aussi pur.
"Hum... mes condoléances pour votre frère mais... je ne suis pas un guerrier. Je ne saurais..."
"Tu as le choix. Tu peux fuir. La cape reprendra la vie qu'elle vient de sauver de mes flammes."
De nouveau, la cape répondit aux paroles de l'ange. La chaleur qu'elle émettait fut remplacée par un froid glacial qui jeta le jeune homme à genoux en le faisant trembler de tout son corps.
"Elle te donnera le cosmos pour combattre mais ton adversaire..." Il secoua la tête avec dépit "Tu ne seras jamais à la hauteur. Meurt avec honneur en repayant ta dette ou meurt comme le chien que tu es."
Sans un mot de plus, il déploya ses ailes et prit son envol.