[TRAITRESSE] Dark NJ
Modérateurs : Maîtres de jeu, Oracles d'Hadès
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Dark NJ
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Alors je me lance.
Acte 1
Ma vie commença en même temps que celle de celui qui fit basculer mon destin.
Née dans une famille de partisans de Zeus - ma mère était prêtresse et sa mère avant elle - mon frère et moi-même vénérions ce dieu par tradition plus que par conviction (enfin pour ma part).
Alors que je n'avais qu'une petite dizaine d'années, je surpris une violente discussion entre mes parents. Ma mère s'opposait à une décision prise par mon père. Un compromis fut trouvé, et je dois avouer que je ne comprenais pas de quoi il était question, sinon de suivre père "la-bas".
Mon destin se joua avec une simple pièce de monnaie : ce fut face. Angel me suivra et saura qui elle est réellement, Paolo restera ici, en Grèce, à tes côtés.
Le jour du départ fut un déchirement : des jumeaux ne vivant jamais l'un sans l'autre devaient se séparer pour un laps de temps indéterminé...
Sur la route, peu de temps après notre départ, l'on découvrit un village de pêcheurs ravagé. Un vieillard, agard, cherchait son petit-fils au milieur d'un amoncellement de cadavres.
Ce jour fut le dernier de mon enfance.
Le grand-père nous vit enfin et nous accosta :
- " Toi, comment peux-tu vénérer un dieu qui laisse sa fille ordonner le massacre des partisans de Poséidon ?"
Mon père eut une réponse qui me frappa :
- " Je ne le sers pas. Je suis un spectre."
Le ton de sa réponse était sans appel, mais étrangement neutre et détaché. Je n'avais jusqu'alors jamais vu ni entendu d'oracle, mais en cet instant, j'aurais juré que le ton d'un oracle n'aurait pu être différent.
En un seul mouvement, il se baissa, m’attrapa et me cacha derrière un buisson en plaquant un doigts sur ma bouche. Je lui obéis et ne dis rien, mais observait.
Une aura violette vint encadrer mon père qui se mit en garde. Je ne pouvais voir son adversaire de ma cachette, mais je savais que c’était le chevalier d’Athéna responsable de ce massacre. Les nuages devinrent noir, la nuit s’installa en plein jour, le village entier devint violet. Puis une lumière jaillit du bras de mon père avant que tout ne redevienne normal.
Incroyable, il avait terrassé son ennemi en un seul coup ! Mais il était maintenant épuisé et il m’ordonna de rechercher l’enfant avec l’aide du grand-père.
A partir de ce jour-là, je compris que tel mon père, si mon chemin devait croiser celui d’un chevalier d’Athéna, un criminel froid et sans cœur, capable d’assassiner de sang froid femmes et enfants, je n’aurais de cesse de le harceler, et qui sait, si un jour le destin faisait de moi une guerrière, peut-être le tuerais-je de mes mains.
Je ne discutais pas son ordre et me dis que s’il me demandait de le chercher, c’est que l’enfant devait être encore en vie.
Après deux heures de recherches infructueuses, je le trouvais, sortant d’une grotte aux trois quarts engloutie, crachant de l’eau sans pouvoir reprendre son souffle.
Il devait avoir un ou deux ans de plus que moi, un corps déjà athlétique, des yeux bleu comme la mer, et le regard lointain des personnes habituées à scruter l’horizon à la recherche d’un éventuel navire.
Je le ramenais tant bien que mal au village pendant que son grand-père s’occupait de mon père.
Nous restâmes une semaine en leur compagnie, mais nous devions reprendre la route rapidement, un long chemin nous attendait. Mais je savais que le visage d’Aryel allait rester un très long moment dans mon jeune esprit.
Le voyage dura près de quatre mois. Nous traversâmes l’Europe, du Sud au Nord, et nous arrivâmes enfin aux abords du royaume d’Asgard. Alors, la question qui me taraudait depuis le départ m’échappa et je demandais à mon père où nous allions et qu’allions-nous y faire ?
- " Je t’emmène sur mes terres découvrir tes origines et te préparer à devenir un spectre parmi les plus puissants. Si ta mère l’avait voulu ainsi, j’aurais dû emmener ton frère et faire de vous deux mes héritiers, mais sa volonté n’était pas telle et elle va former Paolo afin qu’un jour il devienne l’un des anges de Zeus. "
Cette réponse me fit peur. Et pour la première fois, je me demandais qui pouvait bien être cet homme que j’appelais père ? Et l’horreur de la situation fit surface dans mon esprit : si je devenais un spectre et mon frère un ange, un jour où l’autre nous risquerions de nous affronter ! Mon frère bien-aimé ! Comment pourrais-je le frapper sinon dans nos joutes d’enfants ?
Mes doutes se reflétèrent sur mon visage et firent sourire l’homme qui était face à moi.
- " Je suis né ici, en terre Thrace. A ton âge, j’ai prêté allégeance à Hadès et je me suis entraîné très dur afin d’obtenir le titre de spectre. Alors j’ai écouté les ordres des oracles et mené différentes quêtes. Jusqu’au jour où un raid me mena face au village de ta mère, en Grèce. Elle était tellement magnifique que je ne souhaitais pas mener ma mission à son terme. Hadès comprit mes sentiments et me fit promettre de faire perdurer son culte dans ma future famille. Ta mère eut moins de chance : pour garder son statut de prêtresse, elle dû promettre qu’au moins l’un de ses fils vénèrerait Zeus. C’est pour cela que tu es séparée de ton frère aujourd’hui. Hadès est grand et ses spectres sont solidaires entre eux. Viens faire connaissance avec tes nouveaux frères. "
Et mon entraînement commença sur le champs. Pendant cinq ans, nous sommes restés à l’intérieur du cercle polaire, moi qui n’avait jamais rien connu d’autre que le soleil grec, étais obligée de supporter les rigueurs de l’hiver mordant. Mais bizarrement, je n’en fut pas incommodé. Mes gènes thraces avaient-ils pris le dessus sur les grecs ? Quoi qu’il en soit, j’apprenais vite et bien. Et la nouvelle du retour ne m’enchanta guère.
Mais qui disait retour, disait également revoir Aryel. Qu’était-il devenu ? Que faisait-il de ses journées ? Et soudain, j’eu envie de rentrer.
Acte 1
Ma vie commença en même temps que celle de celui qui fit basculer mon destin.
Née dans une famille de partisans de Zeus - ma mère était prêtresse et sa mère avant elle - mon frère et moi-même vénérions ce dieu par tradition plus que par conviction (enfin pour ma part).
Alors que je n'avais qu'une petite dizaine d'années, je surpris une violente discussion entre mes parents. Ma mère s'opposait à une décision prise par mon père. Un compromis fut trouvé, et je dois avouer que je ne comprenais pas de quoi il était question, sinon de suivre père "la-bas".
Mon destin se joua avec une simple pièce de monnaie : ce fut face. Angel me suivra et saura qui elle est réellement, Paolo restera ici, en Grèce, à tes côtés.
Le jour du départ fut un déchirement : des jumeaux ne vivant jamais l'un sans l'autre devaient se séparer pour un laps de temps indéterminé...
Sur la route, peu de temps après notre départ, l'on découvrit un village de pêcheurs ravagé. Un vieillard, agard, cherchait son petit-fils au milieur d'un amoncellement de cadavres.
Ce jour fut le dernier de mon enfance.
Le grand-père nous vit enfin et nous accosta :
- " Toi, comment peux-tu vénérer un dieu qui laisse sa fille ordonner le massacre des partisans de Poséidon ?"
Mon père eut une réponse qui me frappa :
- " Je ne le sers pas. Je suis un spectre."
Le ton de sa réponse était sans appel, mais étrangement neutre et détaché. Je n'avais jusqu'alors jamais vu ni entendu d'oracle, mais en cet instant, j'aurais juré que le ton d'un oracle n'aurait pu être différent.
En un seul mouvement, il se baissa, m’attrapa et me cacha derrière un buisson en plaquant un doigts sur ma bouche. Je lui obéis et ne dis rien, mais observait.
Une aura violette vint encadrer mon père qui se mit en garde. Je ne pouvais voir son adversaire de ma cachette, mais je savais que c’était le chevalier d’Athéna responsable de ce massacre. Les nuages devinrent noir, la nuit s’installa en plein jour, le village entier devint violet. Puis une lumière jaillit du bras de mon père avant que tout ne redevienne normal.
Incroyable, il avait terrassé son ennemi en un seul coup ! Mais il était maintenant épuisé et il m’ordonna de rechercher l’enfant avec l’aide du grand-père.
A partir de ce jour-là, je compris que tel mon père, si mon chemin devait croiser celui d’un chevalier d’Athéna, un criminel froid et sans cœur, capable d’assassiner de sang froid femmes et enfants, je n’aurais de cesse de le harceler, et qui sait, si un jour le destin faisait de moi une guerrière, peut-être le tuerais-je de mes mains.
Je ne discutais pas son ordre et me dis que s’il me demandait de le chercher, c’est que l’enfant devait être encore en vie.
Après deux heures de recherches infructueuses, je le trouvais, sortant d’une grotte aux trois quarts engloutie, crachant de l’eau sans pouvoir reprendre son souffle.
Il devait avoir un ou deux ans de plus que moi, un corps déjà athlétique, des yeux bleu comme la mer, et le regard lointain des personnes habituées à scruter l’horizon à la recherche d’un éventuel navire.
Je le ramenais tant bien que mal au village pendant que son grand-père s’occupait de mon père.
Nous restâmes une semaine en leur compagnie, mais nous devions reprendre la route rapidement, un long chemin nous attendait. Mais je savais que le visage d’Aryel allait rester un très long moment dans mon jeune esprit.
Le voyage dura près de quatre mois. Nous traversâmes l’Europe, du Sud au Nord, et nous arrivâmes enfin aux abords du royaume d’Asgard. Alors, la question qui me taraudait depuis le départ m’échappa et je demandais à mon père où nous allions et qu’allions-nous y faire ?
- " Je t’emmène sur mes terres découvrir tes origines et te préparer à devenir un spectre parmi les plus puissants. Si ta mère l’avait voulu ainsi, j’aurais dû emmener ton frère et faire de vous deux mes héritiers, mais sa volonté n’était pas telle et elle va former Paolo afin qu’un jour il devienne l’un des anges de Zeus. "
Cette réponse me fit peur. Et pour la première fois, je me demandais qui pouvait bien être cet homme que j’appelais père ? Et l’horreur de la situation fit surface dans mon esprit : si je devenais un spectre et mon frère un ange, un jour où l’autre nous risquerions de nous affronter ! Mon frère bien-aimé ! Comment pourrais-je le frapper sinon dans nos joutes d’enfants ?
Mes doutes se reflétèrent sur mon visage et firent sourire l’homme qui était face à moi.
- " Je suis né ici, en terre Thrace. A ton âge, j’ai prêté allégeance à Hadès et je me suis entraîné très dur afin d’obtenir le titre de spectre. Alors j’ai écouté les ordres des oracles et mené différentes quêtes. Jusqu’au jour où un raid me mena face au village de ta mère, en Grèce. Elle était tellement magnifique que je ne souhaitais pas mener ma mission à son terme. Hadès comprit mes sentiments et me fit promettre de faire perdurer son culte dans ma future famille. Ta mère eut moins de chance : pour garder son statut de prêtresse, elle dû promettre qu’au moins l’un de ses fils vénèrerait Zeus. C’est pour cela que tu es séparée de ton frère aujourd’hui. Hadès est grand et ses spectres sont solidaires entre eux. Viens faire connaissance avec tes nouveaux frères. "
Et mon entraînement commença sur le champs. Pendant cinq ans, nous sommes restés à l’intérieur du cercle polaire, moi qui n’avait jamais rien connu d’autre que le soleil grec, étais obligée de supporter les rigueurs de l’hiver mordant. Mais bizarrement, je n’en fut pas incommodé. Mes gènes thraces avaient-ils pris le dessus sur les grecs ? Quoi qu’il en soit, j’apprenais vite et bien. Et la nouvelle du retour ne m’enchanta guère.
Mais qui disait retour, disait également revoir Aryel. Qu’était-il devenu ? Que faisait-il de ses journées ? Et soudain, j’eu envie de rentrer.

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Mandos
- Guerrier Légendaire
- Messages : 1849
- Inscription : dim. oct. 31, 2004 12:19 pm
- Localisation : Proche du Styx
Rassures moi c'est pas seulement la première page?
L'histoire est bien écrite, et très intéressante. Si la suite est de ce type ca va être sympa.
Cependant il y a des "petites" choses à modifier.
Qui est Aryel? On devine que c'est le garçon, mais tu y fais reférence sans le designer avant : "Mais je savais que le visage d’Aryel " Or on sait pas à ce moment là qui est Aryel.
Ensuite même passage, on imagine que ce perosnnage va être improtant pour la suite, mais on le sent peu. insistes peut être sur lui, sur sa beauté, l'effet qu'il te fait...
Autre petit détail, le coup du père qui tue en un coup le chevalier qui a décimé le village. Essayes d'attenuer ça, dit qu'il a gagné facilement, mais pas en un coup.
Dernier petit point, au début tu nous parles de Paolo et Angel, sans dire lequel des deux tu es (ok, on le devine facilement après, mais bon).
On attends la suite avec impatience.
PS : Rassures moi tu es bien une spectre? Car si c'est la cas, une présence féminine ne fera pas de mal à ce monde de brut lol
L'histoire est bien écrite, et très intéressante. Si la suite est de ce type ca va être sympa.
Cependant il y a des "petites" choses à modifier.
Qui est Aryel? On devine que c'est le garçon, mais tu y fais reférence sans le designer avant : "Mais je savais que le visage d’Aryel " Or on sait pas à ce moment là qui est Aryel.
Ensuite même passage, on imagine que ce perosnnage va être improtant pour la suite, mais on le sent peu. insistes peut être sur lui, sur sa beauté, l'effet qu'il te fait...
Autre petit détail, le coup du père qui tue en un coup le chevalier qui a décimé le village. Essayes d'attenuer ça, dit qu'il a gagné facilement, mais pas en un coup.
Dernier petit point, au début tu nous parles de Paolo et Angel, sans dire lequel des deux tu es (ok, on le devine facilement après, mais bon).
On attends la suite avec impatience.
PS : Rassures moi tu es bien une spectre? Car si c'est la cas, une présence féminine ne fera pas de mal à ce monde de brut lol

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Dark NJ
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- Inscription : mar. oct. 04, 2005 11:02 am
- Localisation : Ici, là, ailleurs, partout
OK, c'est vrai, j'ai un peu abusé sur la puissance de mon père, mais quand on est enfant, on exagère toujours les actes de nos parents, alors pourquoi pas avoir gardé à l'esprit un seul coup, alors qu'une bataille aurait pu faire rage ? (ouh, la mauvaise excuse
)
En ce qui concerne le flou que je garde sur les personnages au bédut, c'est pour mieux mettre le lecteur dans l'ambiance et lui donner envie de lire le reste pour savoir qui sont ces personnages (là encore, ça fleure bon la mauvaise foi de ma part).
Pour te rassurer, ce que je viens de poster représente 6 pages manuscrites et je n'en ai que 11 au final. Et oui, je suis une fille (enfin jusqu'à preuve du contraire
).
Ma plume et mon clavier se sont emballés : résultat, la fn de ma bg sera postée ce soir à coup sûr
En ce qui concerne le flou que je garde sur les personnages au bédut, c'est pour mieux mettre le lecteur dans l'ambiance et lui donner envie de lire le reste pour savoir qui sont ces personnages (là encore, ça fleure bon la mauvaise foi de ma part).
Pour te rassurer, ce que je viens de poster représente 6 pages manuscrites et je n'en ai que 11 au final. Et oui, je suis une fille (enfin jusqu'à preuve du contraire
Ma plume et mon clavier se sont emballés : résultat, la fn de ma bg sera postée ce soir à coup sûr

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Dark NJ
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- Inscription : mar. oct. 04, 2005 11:02 am
- Localisation : Ici, là, ailleurs, partout
Suite et fin (mon clavier rends l'âme)
J’avais changé. Partie à dix ans, je revenais à quinze, ce corps si chétif était devenu musclé, souple et surtout dur au mal. Comme tous les spectres, j’étais extrêmement résistante et j’avais surtout appris à me défendre et à me battre en cas de besoin.
Le retour mit quatre mois également, mais pas d’Aryel dans son village, d’ailleurs, celui-ci n’avait pas été reconstruit. Ma déception fut énorme et je ne pouvais pas l’expliquer. Où plutôt, je ne voulais pas la comprendre. Les deux derniers jours de marche furent mêlés de désarrois, de peur, mais surtout d’envie de retrouver mon frère. Qui était-il aujourd’hui ? Et qu’était devenu notre ami d’enfance, Thomas ?
Enfin, nous arrivâmes au village. Rien n’avait changé en apparence : les quelques troupeaux de chèvres et de vaches paissaient tranquillement aux abords du village alors que les pêcheurs réparaient leurs filets à la faveur de la marée basse. Les mêmes odeurs régnaient toujours, l’embrun de la mer se mélangeait au parfum des oliviers .Qu’il faisait bon de rentrer chez soi…
Mais quelque chose avait changé. Les regards. Les villageois nous regardaient différemment, comme si mon père et moi étions des bêtes curieuses. L’ambiance qui régnait ici n’augurait rien de bon à ce moment-là.
Enfin, notre maison nous apparût au coin d’une rue. Bizarrement, je sentais la présence de trois personnes à l’intérieur. Mère devait y être occupée, Paolo devait certainement se rendre utile d’une façon quelconque, mais de qui pouvait émaner la troisième présence ? En regardant mon père, je compris tout de suite qu’il avait ressenti la même chose que moi et nous pressâmes le pas.
C’était lui, il était là, je le reconnu tout de suite et mon père aussi. Même si les retrouvailles avec ma mère me parurent quelque peu froides, si mon frère faillit m’étouffer en me serrant dans ses bras, je me souviendrais toute ma vie de la poignée de mai que j’échangeais à ce moment-là avec Aryel.
Plus tard, il me raconta qu’après notre départ, son grand-père et lui partirent des ruines de leur village pour trouver une terre d’accueil. Cette terre, ils la trouvèrent auprès des nôtres. Son aïeul décéda quelques mois plus tard, son ami le plus proche – mon frère – lui proposa de l’héberger chez lui puisque sa sœur étant partie, une chambre était vacante. Après avoir hésité, il accepta l’offre et suivit de prêt l’entraînement de son jeune ami qui était bien décidé à devenir l’un des meilleurs anges. Par là même, et avec les comptes-rendus journaliers que mon frère lui faisait, Aryel apprit ce qu’était le cosmos, puis les combats et ses différentes tactiques. C’est ainsi que sans le savoir, et tout en étant élève, Paolo devint le maître d’Aryel.
Les jours passèrent, mais je ne pouvais toujours pas retourner dans le temple de Zeus. D’ailleurs, je crois bien que ma présence aurait choquée plus d’un villageois. C’est à ce moment-là que je compris pourquoi père ne nous y suivait jamais quand mère nous y emmenait alors que nous étions enfants. Non pas que je craignais un châtiment divin – je pensais bien qu’un dieu du rang de Zeus n’avait rien à faire qu’une apprentie spectre n’entre dans l’un de ses temples – mais je pensais à Hadès qui m’observait et qui penserait très certainement que je pourrais faire un bon renégat aux spectres en entrant…
Puis les mois passèrent. Je me rapprochais de plus en plus d’Aryel et lui de moi. Mais je ne remarquais pas le regard de Thomas et grand mal m’en prit. Il commença alors à changer imperceptiblement.
Les combats amicaux se multiplièrent entre mon frère et moi. Nous désirions nous mettre mutuellement à l’épreuve l’un de l’autre et savoir lequel de nous deux avait le plus apprit pendant ces cinq années. Nos plus fervents admirateurs étaient bien évidemment Aryel et Thomas. Aucun de nous nous ne remporta jamais de victoire flagrante, mais il est vrai que nous retenions alors nos coups, à l’inverse de notre ultime combat qui n’avait plus rien d’amical ni de fraternel.
Un jour ou je rentrais du marché avec ma mère, Thomas me héla et m’invita à aller me promener avec lui. Ayant l’habitude des longues marches en sa seule compagnie ou en groupe avec mon frère, je le suivis. Lorsqu’enfin nous nous arrêtâmes dans un pré, il me demanda ma main.
Du haut de mes seize ans, je n’avais encore jamais pensé au mariage bien que j’en sois en âge… Je lui ai donc demandé un délai avant de formuler toute réponse. Inutile de préciser que le retour chez moi se fit dans le silence le plus complet. J’aimais beaucoup Thomas, mais plus comme un compagnon de jeu où de marche que comme un éventuel époux !
La première personne à qui je parlais de cette déclaration ne fut pas ma mère ni mon père, mais Aryel. Bizarrement, je ne voulais pas en parler à mes parents. Quoi qu’il en soit, Aryel fut informé de la situation et de mes sentiments vis à vis de Thomas dans la soirée. Nous étions resté face à la mer à discuter et nous contemplions un magnifique coucher de soleil à l’horizon. Nous avions l’habitude de venir ici en fin de journée, seul ou ensemble. Cela faisait maintenant presque un an que j’étais revenue des terres gelées, mais les villageois me considéraient toujours comme une étrangère, au même titre qu’Aryel et nous étions devenus tout naturellement les confidents l’un de l’autre. Et pourtant, j’avais toujours l’impression qu’il me cachait quelque chose, mais je ne parvenais pas à savoir quoi.
Le soleil se couchait sur la vie insouciante que je menais jusqu’alors sans que je ne m’en doute une seule seconde.
M’ayant vu partir seule pour la côté, Thomas vint me rejoindre, mais s’arrêta en constatant qu’Aryel était à mes côtés. Il se glissa alors derrière nous sans bruit et sans attirer notre attention.
Le soleil venait de disparaître derrière l’horizon et Aryel se retourna vers moi. Il prit alors une voix plus sérieuse qu’à son accoutumé :
- " Angie, il faut que tu saches certaines choses à propos de moi, mais je t’en pris : écoute-moi et laisse-moi parler sans m’interrompre. Quand nous nous sommes rencontré il y a six ans, j’habitais un village tourné vers Poséidon. Suite à l’attaque, je suis venu vivre parmi les tiens et j’ai adhéré aux partisans de Zeus. Mais une question m’a toujours chagriné et aujourd’hui, j’ai osé la poser à l’oracle de Zeus : pourquoi a t’il pu tolérer que sa fille Athéna envois l’un de ses chevaliers anéantir un village de pêcheurs ? L’oracle ne m’a pas répondu et pourtant j’ai attendu toute la journée. Ce soir, j’ai décidé de renouveler mon serment envers Poséidon. Je veux devenir l’un de ses marinas. Ton frère, Paolo m’a tout apprit sur les combats sans vraiment le savoir. J’avoue effectivement avoir écouté attentivement le récit de ses journées d’entraînement, et je n’ai aucune honte à vouloir mettre ces informations au service de Poséidon. Mais il faut également que je te dise autre chose mais j’ai l’impression que ce sera encore plus difficile. Angie, mon ange, je t’aime et te demande de me choisir pour époux. "
Après ce discours, je ne su trop quoi dire. Qu’Aryel, le garçon que j’avais toujours aimé en secret sans jamais me l’avouer, se vouait à Poséidon, passe encore – après tout, ne vouais-je pas mon existence à Hadès alors que le village dans lequel j’avais grandi adorait Zeus ? Non, sa déclaration d’amour et sa demande en mariage m’étaient allées droit au cœur et contrairement à ce qui s’était passé avec Thomas, je n’eu aucune hésitation à lui répondre :
- « Aryel, je t’aime depuis ce jour ou il y a six ans, tu es sortis de la grotte sous-marine. Depuis, je rêvais de partager ma vie et mon quotidien avec toi. Je veux unir ma vie à la tienne, porter tes enfants et les voir grandir, les voir devenir de fiers guerriers et se battre pour le dieu qu’ils auront eux-mêmes choisi. Une vie à tes côtés ne pourra qu’être remplie de bonheur. »
Nous scellâmes nos vœux dans un baiser puis reprirent le chemin du village afin d’annoncer le mariage prochain à mes parents. Je goûtais mes derniers instants de bonheur sans le savoir.
Thomas et Paolo se tenaient sur notre passage, le visage dur et fermé. Le mot prononcé par ces deux garçons nous fit plonger dans l’horreur : TRAITRES. Le premier m’immobilisa avant que je n’ai eu le temps de réagir, le second se rua sur un Aryel surprit. Il tomba en arrière, mais se cassa un avant-bras en tombant. Le garçon qui fut mon frère s’approcha de son ancien amis, pétrifié de douleur, le releva, puis lui décocha un terrible coup de pied au visage qui l’envoya bouler à plusieurs mètres, la tête la première sur un rocher. Aryel ne bougeait plus, une marre de sang se formant sous sa tête morte.
Une colère froide m’envahit alors et je ne sais plus par quel moyen je me dégageais de Thomas pour me retrouver face à Paolo, cet assassin qui n’éprouvait aucun regret face à son crime ; pire, il souriait et me narguait. Je le mis à terre et le rouait de coups de poings quand l’enseignement de mon père me revint en mémoire : « une victoire n’est jamais parfaite si ton adversaire n’est pas au mieux de sa forme ».
J’arrêtais alors le tranchant de ma main à moins d’un centimètre de la carotide de Paolo et me relevait en lui jurant que s’il devait à nouveau croiser mon chemin, le soleil ne se lèverait plus pour lui.
Je lui tournais le dos et emportais le corps de celui à qui je venais de me promettre. Jamais nous ne pourrions vivre ensemble, mon amour s’arrêtait là, ma vie aussi…
Une image furtive passa devant mes yeux : celle des Champs Elysées où l’âme d’Aryel venait de partir… Si je me battais avec honneur, bravoure et courage et que je rendais gloire à Hadès, alors j’étais sûre de l’y rejoindre un jours !
Depuis lors, les chevaliers, anges et même les marinas puisque Poséidon est incapable de protéger ses adorateurs, croisant mon chemin maudissent le jour où des jumeaux sont venus au monde sous deux étoiles différentes et où l’un d’eux a juré leur perte et allégeance au dieu des Enfers.
Hadès, en toi je crois, en toi j’ai foi, puisque le jour où je tomberais, en tes jardins mon amour je retrouverais.
J’avais changé. Partie à dix ans, je revenais à quinze, ce corps si chétif était devenu musclé, souple et surtout dur au mal. Comme tous les spectres, j’étais extrêmement résistante et j’avais surtout appris à me défendre et à me battre en cas de besoin.
Le retour mit quatre mois également, mais pas d’Aryel dans son village, d’ailleurs, celui-ci n’avait pas été reconstruit. Ma déception fut énorme et je ne pouvais pas l’expliquer. Où plutôt, je ne voulais pas la comprendre. Les deux derniers jours de marche furent mêlés de désarrois, de peur, mais surtout d’envie de retrouver mon frère. Qui était-il aujourd’hui ? Et qu’était devenu notre ami d’enfance, Thomas ?
Enfin, nous arrivâmes au village. Rien n’avait changé en apparence : les quelques troupeaux de chèvres et de vaches paissaient tranquillement aux abords du village alors que les pêcheurs réparaient leurs filets à la faveur de la marée basse. Les mêmes odeurs régnaient toujours, l’embrun de la mer se mélangeait au parfum des oliviers .Qu’il faisait bon de rentrer chez soi…
Mais quelque chose avait changé. Les regards. Les villageois nous regardaient différemment, comme si mon père et moi étions des bêtes curieuses. L’ambiance qui régnait ici n’augurait rien de bon à ce moment-là.
Enfin, notre maison nous apparût au coin d’une rue. Bizarrement, je sentais la présence de trois personnes à l’intérieur. Mère devait y être occupée, Paolo devait certainement se rendre utile d’une façon quelconque, mais de qui pouvait émaner la troisième présence ? En regardant mon père, je compris tout de suite qu’il avait ressenti la même chose que moi et nous pressâmes le pas.
C’était lui, il était là, je le reconnu tout de suite et mon père aussi. Même si les retrouvailles avec ma mère me parurent quelque peu froides, si mon frère faillit m’étouffer en me serrant dans ses bras, je me souviendrais toute ma vie de la poignée de mai que j’échangeais à ce moment-là avec Aryel.
Plus tard, il me raconta qu’après notre départ, son grand-père et lui partirent des ruines de leur village pour trouver une terre d’accueil. Cette terre, ils la trouvèrent auprès des nôtres. Son aïeul décéda quelques mois plus tard, son ami le plus proche – mon frère – lui proposa de l’héberger chez lui puisque sa sœur étant partie, une chambre était vacante. Après avoir hésité, il accepta l’offre et suivit de prêt l’entraînement de son jeune ami qui était bien décidé à devenir l’un des meilleurs anges. Par là même, et avec les comptes-rendus journaliers que mon frère lui faisait, Aryel apprit ce qu’était le cosmos, puis les combats et ses différentes tactiques. C’est ainsi que sans le savoir, et tout en étant élève, Paolo devint le maître d’Aryel.
Les jours passèrent, mais je ne pouvais toujours pas retourner dans le temple de Zeus. D’ailleurs, je crois bien que ma présence aurait choquée plus d’un villageois. C’est à ce moment-là que je compris pourquoi père ne nous y suivait jamais quand mère nous y emmenait alors que nous étions enfants. Non pas que je craignais un châtiment divin – je pensais bien qu’un dieu du rang de Zeus n’avait rien à faire qu’une apprentie spectre n’entre dans l’un de ses temples – mais je pensais à Hadès qui m’observait et qui penserait très certainement que je pourrais faire un bon renégat aux spectres en entrant…
Puis les mois passèrent. Je me rapprochais de plus en plus d’Aryel et lui de moi. Mais je ne remarquais pas le regard de Thomas et grand mal m’en prit. Il commença alors à changer imperceptiblement.
Les combats amicaux se multiplièrent entre mon frère et moi. Nous désirions nous mettre mutuellement à l’épreuve l’un de l’autre et savoir lequel de nous deux avait le plus apprit pendant ces cinq années. Nos plus fervents admirateurs étaient bien évidemment Aryel et Thomas. Aucun de nous nous ne remporta jamais de victoire flagrante, mais il est vrai que nous retenions alors nos coups, à l’inverse de notre ultime combat qui n’avait plus rien d’amical ni de fraternel.
Un jour ou je rentrais du marché avec ma mère, Thomas me héla et m’invita à aller me promener avec lui. Ayant l’habitude des longues marches en sa seule compagnie ou en groupe avec mon frère, je le suivis. Lorsqu’enfin nous nous arrêtâmes dans un pré, il me demanda ma main.
Du haut de mes seize ans, je n’avais encore jamais pensé au mariage bien que j’en sois en âge… Je lui ai donc demandé un délai avant de formuler toute réponse. Inutile de préciser que le retour chez moi se fit dans le silence le plus complet. J’aimais beaucoup Thomas, mais plus comme un compagnon de jeu où de marche que comme un éventuel époux !
La première personne à qui je parlais de cette déclaration ne fut pas ma mère ni mon père, mais Aryel. Bizarrement, je ne voulais pas en parler à mes parents. Quoi qu’il en soit, Aryel fut informé de la situation et de mes sentiments vis à vis de Thomas dans la soirée. Nous étions resté face à la mer à discuter et nous contemplions un magnifique coucher de soleil à l’horizon. Nous avions l’habitude de venir ici en fin de journée, seul ou ensemble. Cela faisait maintenant presque un an que j’étais revenue des terres gelées, mais les villageois me considéraient toujours comme une étrangère, au même titre qu’Aryel et nous étions devenus tout naturellement les confidents l’un de l’autre. Et pourtant, j’avais toujours l’impression qu’il me cachait quelque chose, mais je ne parvenais pas à savoir quoi.
Le soleil se couchait sur la vie insouciante que je menais jusqu’alors sans que je ne m’en doute une seule seconde.
M’ayant vu partir seule pour la côté, Thomas vint me rejoindre, mais s’arrêta en constatant qu’Aryel était à mes côtés. Il se glissa alors derrière nous sans bruit et sans attirer notre attention.
Le soleil venait de disparaître derrière l’horizon et Aryel se retourna vers moi. Il prit alors une voix plus sérieuse qu’à son accoutumé :
- " Angie, il faut que tu saches certaines choses à propos de moi, mais je t’en pris : écoute-moi et laisse-moi parler sans m’interrompre. Quand nous nous sommes rencontré il y a six ans, j’habitais un village tourné vers Poséidon. Suite à l’attaque, je suis venu vivre parmi les tiens et j’ai adhéré aux partisans de Zeus. Mais une question m’a toujours chagriné et aujourd’hui, j’ai osé la poser à l’oracle de Zeus : pourquoi a t’il pu tolérer que sa fille Athéna envois l’un de ses chevaliers anéantir un village de pêcheurs ? L’oracle ne m’a pas répondu et pourtant j’ai attendu toute la journée. Ce soir, j’ai décidé de renouveler mon serment envers Poséidon. Je veux devenir l’un de ses marinas. Ton frère, Paolo m’a tout apprit sur les combats sans vraiment le savoir. J’avoue effectivement avoir écouté attentivement le récit de ses journées d’entraînement, et je n’ai aucune honte à vouloir mettre ces informations au service de Poséidon. Mais il faut également que je te dise autre chose mais j’ai l’impression que ce sera encore plus difficile. Angie, mon ange, je t’aime et te demande de me choisir pour époux. "
Après ce discours, je ne su trop quoi dire. Qu’Aryel, le garçon que j’avais toujours aimé en secret sans jamais me l’avouer, se vouait à Poséidon, passe encore – après tout, ne vouais-je pas mon existence à Hadès alors que le village dans lequel j’avais grandi adorait Zeus ? Non, sa déclaration d’amour et sa demande en mariage m’étaient allées droit au cœur et contrairement à ce qui s’était passé avec Thomas, je n’eu aucune hésitation à lui répondre :
- « Aryel, je t’aime depuis ce jour ou il y a six ans, tu es sortis de la grotte sous-marine. Depuis, je rêvais de partager ma vie et mon quotidien avec toi. Je veux unir ma vie à la tienne, porter tes enfants et les voir grandir, les voir devenir de fiers guerriers et se battre pour le dieu qu’ils auront eux-mêmes choisi. Une vie à tes côtés ne pourra qu’être remplie de bonheur. »
Nous scellâmes nos vœux dans un baiser puis reprirent le chemin du village afin d’annoncer le mariage prochain à mes parents. Je goûtais mes derniers instants de bonheur sans le savoir.
Thomas et Paolo se tenaient sur notre passage, le visage dur et fermé. Le mot prononcé par ces deux garçons nous fit plonger dans l’horreur : TRAITRES. Le premier m’immobilisa avant que je n’ai eu le temps de réagir, le second se rua sur un Aryel surprit. Il tomba en arrière, mais se cassa un avant-bras en tombant. Le garçon qui fut mon frère s’approcha de son ancien amis, pétrifié de douleur, le releva, puis lui décocha un terrible coup de pied au visage qui l’envoya bouler à plusieurs mètres, la tête la première sur un rocher. Aryel ne bougeait plus, une marre de sang se formant sous sa tête morte.
Une colère froide m’envahit alors et je ne sais plus par quel moyen je me dégageais de Thomas pour me retrouver face à Paolo, cet assassin qui n’éprouvait aucun regret face à son crime ; pire, il souriait et me narguait. Je le mis à terre et le rouait de coups de poings quand l’enseignement de mon père me revint en mémoire : « une victoire n’est jamais parfaite si ton adversaire n’est pas au mieux de sa forme ».
J’arrêtais alors le tranchant de ma main à moins d’un centimètre de la carotide de Paolo et me relevait en lui jurant que s’il devait à nouveau croiser mon chemin, le soleil ne se lèverait plus pour lui.
Je lui tournais le dos et emportais le corps de celui à qui je venais de me promettre. Jamais nous ne pourrions vivre ensemble, mon amour s’arrêtait là, ma vie aussi…
Une image furtive passa devant mes yeux : celle des Champs Elysées où l’âme d’Aryel venait de partir… Si je me battais avec honneur, bravoure et courage et que je rendais gloire à Hadès, alors j’étais sûre de l’y rejoindre un jours !
Depuis lors, les chevaliers, anges et même les marinas puisque Poséidon est incapable de protéger ses adorateurs, croisant mon chemin maudissent le jour où des jumeaux sont venus au monde sous deux étoiles différentes et où l’un d’eux a juré leur perte et allégeance au dieu des Enfers.
Hadès, en toi je crois, en toi j’ai foi, puisque le jour où je tomberais, en tes jardins mon amour je retrouverais.

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Dark NJ
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Bien sûr, si pour une meilleure compréhension et "faisabilité" de l'histoire, il faut que je modifie certaines parties de ma bg, je n'hésiterais pas à faire chauffer mon clavier à nouveau (maintenant que le principal est enregistré, la fonction copier coller me gagnera du temps
).
Bon courage pour la lecture forcée que je vous impose !
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Mandos
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Oups
, j'ai failli passer à coté de ce post, heureusement que tu as relancé.
Que dire?
Franchement ton histoire est extrement bien écrite, détaillée, originale, un vrai plaisir de lire. J'aime vraiment beaucoup ton style d'écriture et de narration.
J'ai rien à redire sur la facon d'ecrire, sur l'histoire en elle-même non plus. Au passage on sent vraiment la touche féminine dans ton récit et tant mieux.
Mais, car il faut un mais, sinon c'est pas drôle, déjà modifier un peu la première partie par rapport aux remarques précédentes (surtout le coup de ton père qui tue son ennemi en un coup).
Ensuite tu parles dans la 2ème partie de Thomas, qui joue un rôle important sans l'avoir introduit avant alors qu'il est un ami d'enfance.
Et enfin, j'ai l'impression qu'il manque un passage qui explique comment et pourquoi tu deviens une spectre, ainsi que tes motivations.
Nieb?
PS : Es tu une habituée du RP?
Que dire?
Franchement ton histoire est extrement bien écrite, détaillée, originale, un vrai plaisir de lire. J'aime vraiment beaucoup ton style d'écriture et de narration.
J'ai rien à redire sur la facon d'ecrire, sur l'histoire en elle-même non plus. Au passage on sent vraiment la touche féminine dans ton récit et tant mieux.
Mais, car il faut un mais, sinon c'est pas drôle, déjà modifier un peu la première partie par rapport aux remarques précédentes (surtout le coup de ton père qui tue son ennemi en un coup).
Ensuite tu parles dans la 2ème partie de Thomas, qui joue un rôle important sans l'avoir introduit avant alors qu'il est un ami d'enfance.
Et enfin, j'ai l'impression qu'il manque un passage qui explique comment et pourquoi tu deviens une spectre, ainsi que tes motivations.
Nieb?
PS : Es tu une habituée du RP?

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Niebelungen
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- Localisation : Toujours près des miens
Ca y'est j'ai enfin tout lu
Tout d'abord félicitations pour ce texte, comme le dit Mandos il est assez agréable à lire surtout la seconde partie.
En plus des remarques de Mandos, j'aurais bien aimé avoir des couleurs pour les dialogues et les pensées.
Ca aide beaucoup à la lecture et la compréhension, par exemple cette phrase n'est pas correcte en l'état :
"Mon destin se joua avec une simple pièce de monnaie : ce fut face. Angel me suivra et saura qui elle est réellement, Paolo restera ici, en Grèce, à tes côtés."
On ne sait pas trop qui parle à cause des derniers mots.
Effectu ces petites retouches et je pense que nous pouvons te valider.
Tout d'abord félicitations pour ce texte, comme le dit Mandos il est assez agréable à lire surtout la seconde partie.
En plus des remarques de Mandos, j'aurais bien aimé avoir des couleurs pour les dialogues et les pensées.
Ca aide beaucoup à la lecture et la compréhension, par exemple cette phrase n'est pas correcte en l'état :
"Mon destin se joua avec une simple pièce de monnaie : ce fut face. Angel me suivra et saura qui elle est réellement, Paolo restera ici, en Grèce, à tes côtés."
On ne sait pas trop qui parle à cause des derniers mots.
Effectu ces petites retouches et je pense que nous pouvons te valider.

La vie est une lutte, alors je lutterai à vie...
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Dark NJ
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- Inscription : mar. oct. 04, 2005 11:02 am
- Localisation : Ici, là, ailleurs, partout
J'effectue les modifications sur papier en ce moment, et je pense que d'ici à la fin de la semaine qui s'annonce, le second jet sera en ligne.
En attendant, pour répondre à Mandos : c'est bien ma première rp (mais en matière d'écriture, je n'en suis pas à mon coup d'essai) et pour faire plaisir à Niebelungen, je mettrais de la couleur dans mes dialogues.
Dark NJ
En attendant, pour répondre à Mandos : c'est bien ma première rp (mais en matière d'écriture, je n'en suis pas à mon coup d'essai) et pour faire plaisir à Niebelungen, je mettrais de la couleur dans mes dialogues.
Dark NJ

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Dark NJ
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Bon aller, c'est partie pour la première partie de la version 2.
Ma vie commença en même temps que celle de celui qui fit basculer mon destin.
Mon nom est Angel, celui de mon jumeau est Paolo. Nous sommes nés dans une famille de partisans de Zeus - notre mère était prêtresse et sa mère avant elle - nous vénérions ce dieu par tradition plus que par conviction (enfin pour ma part).
La vie était simple et heureuse. Notre mère passait une grande partie de ses journées au temple, à prier Zeus et notre père partait régulièrement en mer pour pêcher. Le village dans lequel nous vivions était peu étendu et peu peuplé, aussi, même enfant, je m’étais rendu compte que mon père était tenu à l’écart des autres hommes, tout comme mon frère et moi étions jugés comme « peu fréquentables » par une grande partie des mères d’enfants de notre âge. Mais nous ne savions pas pourquoi et ne posâmes jamais la question à nos parents.
Toutefois, nous nous étions liés d’amitié avec un garçon du village, et ses parents le laissaient jouer avec nous. Thomas – tel était son nom – était notre ombre : où nous étions, il était, et vice versa. Il était notre seul et unique ami, notre confident, l’épaule sur laquelle nous allions pleurer quand nous nous blessions pendant nos jeux.
Alors que je n'avais qu'une petite dizaine d'années, je surpris une violente discussion entre mes parents. Ma mère s'opposait à une décision prise par mon père. Un compromis fut trouvé, et je dois avouer que je ne comprenais pas de quoi il était question, sinon de suivre père "la-bas".
Le destin de mon frère et le mien se jouèrent avec une simple pièce de monnaie : face et c’est Paolo qui part « là-bas » avec père et moi qui reste en Grèce avec mère, où pile et c’est l’inverse. La pièce retomba sur pile…
Le jour du départ fut un déchirement : je devais laisser derrière moi mon frère et mon meilleur ami sans comprendre les raisons de cette séparation et pour un laps de temps indéterminé !
Pendant les premiers jours du voyage, je ne mangeais pas où peu et ne parvenait à m’endormir que très tard, bien des heures après mon père. Nous parlions peu, mais pour la première fois de ma courte existence, je sentais qu’il était heureux, mais ne me risquait pas à lui en parler, de peur qu’il ne redevienne aussi taciturne qu’à son accoutumé.
Sur la route, environ une semaine après notre départ, l'on découvrit un village de pêcheurs ravagé. Un vieillard, hagard, cherchait son petit-fils au milieux d'un amoncellement de cadavres.
Ce jour fut le dernier de mon enfance.
Le grand-père nous vit enfin et nous accosta :
- " Guerrier, à quel dieu as-tu prêté allégeance ? Es-tu ange, chevalier ou marina ?"
Mon père eut une réponse qui me frappa :
- " Je ne sers pas ces dieux. Je suis un spectre."
Le ton de sa réponse était sans appel, mais étrangement neutre et détaché. Je n'avais jusqu'alors jamais vu ni entendu d'oracle – n’ayant pas atteint l’âge pour entrer dans le temple - mais en cet instant, j'aurais juré que le ton d'un oracle n'aurait pu être différent.
Quelque chose bougea dans un angle de mon champs de vision et ce qui se passa ensuite reste flou dans ma mémoire. Je me souviens seulement que mon père m’a attrapé et caché derrière un buisson, avoir entendu des bruits émanant d’un combat, quelques éclairs, puis plus rien.
Lorsque j’ouvris les yeux, mon père se penchait sur moi pour me sortir de ma cachette. En me posant, il mit un genou à terre, mais ne pu se relever. S’il avait gagné ce combat, ce fut non sans peine ni fatigue et il était épuisé. Il m’ordonna de rechercher l’enfant avec l’aide du grand-père.
Après deux heures de recherches infructueuses, je le trouvais, sortant d’une grotte aux trois quart engloutie, crachant de l’eau sans pouvoir reprendre son souffle. Quand il le reprit enfin et se redressa, je pu enfin l’observer à loisir. Il devait avoir un ou deux ans de plus que moi et déjà un corps digne des plus grands sculpteurs : une carrure d’athlète, une peau légèrement hâlée malgré le rayonnement solaire, de superbes cheveux châtain retenus par un catogan de lin qui devait être blanc à l’origine, un visage d’ange aux proportions parfaites et surtout, des yeux bleu comme la mer quand elle est calme et le regard lointain des personnes habituées à scruter l’horizon à la recherche d’un éventuel navire.
Sur le chemin du village, j’apprenais qu’il se nommait Aryel et qu’il s’était réfugié dans la grotte sur ordre de sa mère quand le chevalier avait attaqué le village.
Nous restâmes en leur compagnie une semaine durant laquelle nous offrîmes une sépulture aux villageois massacrés sous les coups du chevalier d’Athéna. Aryel ne pleurait pas ses parents, il restait stoïque en notre présence, mais à ses yeux rougis, je comprenais qu’il s’isolait pour laisser libre cours à ses larmes.
Le grand-père nous raconta que le chevalier s’était présenté un beau matin et avait exigé que tous les villageois renient Poséidon qui était leur dieu protecteur, pour Athéna, sous peine de violentes représailles. Personne ne voulu se faire parjure et tous furent exécutés sans pitié. Seul l’aïeul avait été laissé en vie, en guise de témoin du courroux d’Athéna.
Dès cet instant, je compris que tel mon père, si mon chemin devait croiser celui d’un chevalier d’Athéna, un criminel froid et sans cœur, capable d’assassiner de sang froid femmes et enfants, je n’aurais de cesse de le harceler, et qui sait, si un jour le destin faisait de moi une guerrière, peut-être le tuerais-je de mes mains.
Le temps passait trop vite en compagnie du grand-père et de son petit-fils, nous devions reprendre la route rapidement, un long chemin devait nous attendre. Mais je savais que le visage d’Aryel allait rester un très long moment dans mon jeune esprit.
Le voyage dura près de quatre mois. Nous traversâmes l’Europe, du Sud au Nord, et nous arrivâmes enfin aux abords du royaume d’Asgard. Alors, la question qui me taraudait depuis le départ m’échappa et je demandais à mon père où nous allions et qu’allions-nous y faire ?
- " Je t’emmène sur mes terres découvrir tes origines et te préparer à devenir un spectre parmi les plus puissants. Si ta mère l’avait voulu ainsi, j’aurais dû emmener ton frère et faire de vous deux mes héritiers, mais sa volonté n’était pas telle et elle va faire former Paolo afin qu’un jour il devienne l’un des anges de Zeus. "
Cette réponse me fit peur. Et pour la première fois, je me demandais qui pouvait bien être cet homme que j’appelais père ? Et l’horreur de la situation fit surface dans mon esprit : si je devenais un spectre et mon frère un ange, un jour où l’autre, nous risquerions de nous affronter ! Mon frère bien-aimé ! Comment pourrais-je le frapper sinon dans nos joutes d’enfants ?
Mes doutes se reflétèrent sur mon visage et firent sourire l’homme qui était face à moi.
- " Je suis né ici, en terre thrace. A ton âge, j’ai prêté allégeance à Hadès et je me suis entraîné durement afin d’obtenir le rang de spectre. Alors, j’ai pu écouté les ordres des oracles et mener différentes quêtes. Jusqu’au jour où un raid me mena face au village de ta mère, en Grèce. Des anges se dissimulaient dans la population, et ces anges avaient abattus de valeureux spectres alors que ceux-ci étaient affaiblis par des combats précédents. C’est pendant ce raid que j’ai rencontré ta mère. Elle sortait du temple de Zeus dans une longue robe blanche, elle était magnifique. Je suis le seul spectre à être resté sur place après le raid mais j’ai continué à vénérer Hadès. C’est pour cela que les villageois me tenaient à l’écart d’eux et qu’ils ne voulaient pas que ton frère et toi jouent avec leurs enfants. Ils se demandaient ce qu’un spectre pouvait bien faire dans leur village ! Ta mère a continué à vénérer son dieu, même après notre union et c’est ce qui lui a permis de garder son rang de prêtresse. Mais secrètement, elle espérait que je ne vous emmène pas tout les deux loin d’elle, c’est pourquoi nous avons prit la douloureuse décision de vous séparer. Mais trêve de bavardages, viens faire connaissance avec tes nouveau frères les spectre ! Tu verras, Hadès est grand et généreux et ses spectres sont solidaires entre eux ! "
Et mon entraînement commença le jour même.
Malgré les années passées au loin, mon père avait conservé des amis fidèles qui m’accueillir comme leur fille. C’est parmi eux que je passais les cinq années suivantes pour devenir un spectre digne de ce nom. Je n’avais aucun compagnon d’entraînement de mon âge, bizarrement, tous les garçons étaient plus âgés et ne faisaient aucun cas de moi : j’étais trop chétive à leurs yeux pour supporter les exercices physiques infligés par nos maîtres, et je ne saurais jamais me battre comme un homme. De plus, étant une fille du soleil, tous pensaient que je ne tiendrais pas longtemps à l’intérieur du cercle polaire.
Et pourtant, plus les mois passaient et plus je gagnais en respect. Mes gènes thraces prenaient le dessus sur les grecs et le froid ne m’insupportait pas : je pouvais rester des heures en méditation en plein blizzard et cette force intérieure vint combler mes difficultés au combat.
J’étais plus petite et moins musclée que mes compagnons d’entraînement, ce qui me valut dès le départ une sorte d’exclusion : jamais personne ne me choisissait comme partenaire lors des entraînements mais plus je passais de temps en méditation sous la neige, plus je gagnais le respect de mes compagnons et je pus alors en affronter quelques uns pour prouver ma valeur.
Au début, ils agissaient avec moi comme si j’étais leur petite sœur : si des larmes me montaient aux yeux parce qu’on m’avait fait mal, plus personne ne voulait continuer à me faire du mal, mais plus les mois passaient, plus mon endurance grandit et plus les combats que je menais étaient violents et sans pitié.
Un jour, l’un de mes compagnons me brisa un avant-bras pendant l’entraînement et il y eu un instant ou plus personne ne bougea par crainte de me voir m’écrouler sous la douleur et d’arrêter le combat. Mais je pris sur moi et continuait le duel tant bien que mal. Bien sûr, je perdis mon affrontement, mais de peu, de très peu.
Ce jour-là, mon père m’annonça que mon entraînement était terminé et que plus personne n’avait quoi que ce soit à m’apprendre. La nouvelle du retour ne m’enchanta guère.
Mais qui disait retour, disait également revoir Aryel. Qu’était-il devenu ? Que faisait-il de sa vie ? Et soudain, j’eu envie de rentrer en Grèce.
J’avais changé. Partie à dix ans, je revenais à quinze, ce corps si chétif était devenu musclé et souple et surtout dur au mal. Désormais, je savais que même si mes membres étaient brisés, tant que ma volonté tiendrait bon, je pouvais toujours gagner le combat.
Le retour mit quatre mois également, mais pas d’Aryel dans son village, d’ailleurs, celui-ci n’avait pas été reconstruit. Ma déception fut énorme et je ne pouvais pas l’expliquer. Où plutôt, je ne voulais pas la comprendre. Les deux derniers jours de marche furent mêlés de désarrois, de peur, mais surtout d’envie de retrouver mon frère et mon meilleur ami. Qui étaient-ils devenus aujourd’hui ?
Enfin, nous arrivâmes au village. Rien n’avait changé en apparence : les quelques troupeaux de chèvres et de vaches paissaient tranquillement aux abords du village alors que les pêcheurs réparaient leurs filets à la faveur de la marée basse. Les mêmes odeurs régnaient toujours, l’embrun de la mer se mélangeait au parfum des oliviers .Qu’il faisait bon de rentrer chez soi…
Mais quelque chose avait changé. Les regards. Les villageois nous regardaient différemment, comme si mon père et moi étions des bêtes curieuses. L’ambiance qui régnait ici n’augurait rien de bon. Et même si je ne m’attendais pas à un accueil chaleureux, celui-là était encore plus froid que les régions que nous venions de quitter.
Enfin, notre maison nous apparût au coin d’une rue bien connue. Bizarrement, j’y sentais la présence de trois personnes. Mère devait y être occupée, Paolo devait certainement se rendre utile d’une façon quelconque – je ressentais bien leur présence, si familière - mais de qui pouvait émaner la troisième présence ? Mon père ressentait la même chose que moi et nous pressâmes le pas.
C’était lui, il était là, face à nous, je le reconnu tout de suite et mon père aussi. Même si les retrouvailles avec ma mère me parurent quelque peu froides, si mon frère faillit m’étouffer en me serrant dans ses bras, je me souviendrais toute ma vie de la poignée de main que j’échangeais à ce moment-là avec Aryel.
Plus tard, il me raconta qu’après notre départ, son grand-père et lui partirent des ruines de leur village pour trouver une terre d’accueil. Cette terre, ils la trouvèrent auprès des nôtres. Son aïeul décéda quelques mois plus tard. Son camarade de jeu et ami le plus proche – mon frère – lui proposa de l’héberger chez lui puisque une chambre était vacante suite au départ de sa sœur. Après avoir hésité, il accepta l’offre et c’est ainsi qu’il pu suivre de prêt l’entraînement de son jeune ami qui était bien décidé à devenir l’un des meilleurs anges. Par là même, et avec les comptes-rendus journaliers que mon frère lui faisait, Aryel apprit ce qu’était et à quoi servait le cosmos, puis les combats et ses différentes tactiques. C’est ainsi que sans le savoir, et tout en apprenant encore, Paolo devint le maître d’Aryel.
Les jours passèrent, mais je ne pouvais toujours pas retourner dans le temple de Zeus. D’ailleurs, je crois bien que ma présence aurait choquée et outrée plus d’un villageois. C’est à ce moment-là que je compris pourquoi mon père n’y allait jamais. Non pas que je craignais un châtiment divin – je pensais bien qu’un dieu du rang de Zeus n’avait rien à faire qu’un spectre aussi jeune que moi n’entre dans l’un de ses temples – je craignais qu’Hadès qui m’observait, ne se méprenne sur mes intentions et pense que je ne joue sur deux tableaux à la fois.
Puis les mois passèrent. Je me rapprochais de plus en plus d’Aryel et lui de moi. Mais je ne remarquais pas le regard de Thomas et grand mal m’en prit. Il commença alors à changer imperceptiblement.
Ma vie commença en même temps que celle de celui qui fit basculer mon destin.
Mon nom est Angel, celui de mon jumeau est Paolo. Nous sommes nés dans une famille de partisans de Zeus - notre mère était prêtresse et sa mère avant elle - nous vénérions ce dieu par tradition plus que par conviction (enfin pour ma part).
La vie était simple et heureuse. Notre mère passait une grande partie de ses journées au temple, à prier Zeus et notre père partait régulièrement en mer pour pêcher. Le village dans lequel nous vivions était peu étendu et peu peuplé, aussi, même enfant, je m’étais rendu compte que mon père était tenu à l’écart des autres hommes, tout comme mon frère et moi étions jugés comme « peu fréquentables » par une grande partie des mères d’enfants de notre âge. Mais nous ne savions pas pourquoi et ne posâmes jamais la question à nos parents.
Toutefois, nous nous étions liés d’amitié avec un garçon du village, et ses parents le laissaient jouer avec nous. Thomas – tel était son nom – était notre ombre : où nous étions, il était, et vice versa. Il était notre seul et unique ami, notre confident, l’épaule sur laquelle nous allions pleurer quand nous nous blessions pendant nos jeux.
Alors que je n'avais qu'une petite dizaine d'années, je surpris une violente discussion entre mes parents. Ma mère s'opposait à une décision prise par mon père. Un compromis fut trouvé, et je dois avouer que je ne comprenais pas de quoi il était question, sinon de suivre père "la-bas".
Le destin de mon frère et le mien se jouèrent avec une simple pièce de monnaie : face et c’est Paolo qui part « là-bas » avec père et moi qui reste en Grèce avec mère, où pile et c’est l’inverse. La pièce retomba sur pile…
Le jour du départ fut un déchirement : je devais laisser derrière moi mon frère et mon meilleur ami sans comprendre les raisons de cette séparation et pour un laps de temps indéterminé !
Pendant les premiers jours du voyage, je ne mangeais pas où peu et ne parvenait à m’endormir que très tard, bien des heures après mon père. Nous parlions peu, mais pour la première fois de ma courte existence, je sentais qu’il était heureux, mais ne me risquait pas à lui en parler, de peur qu’il ne redevienne aussi taciturne qu’à son accoutumé.
Sur la route, environ une semaine après notre départ, l'on découvrit un village de pêcheurs ravagé. Un vieillard, hagard, cherchait son petit-fils au milieux d'un amoncellement de cadavres.
Ce jour fut le dernier de mon enfance.
Le grand-père nous vit enfin et nous accosta :
- " Guerrier, à quel dieu as-tu prêté allégeance ? Es-tu ange, chevalier ou marina ?"
Mon père eut une réponse qui me frappa :
- " Je ne sers pas ces dieux. Je suis un spectre."
Le ton de sa réponse était sans appel, mais étrangement neutre et détaché. Je n'avais jusqu'alors jamais vu ni entendu d'oracle – n’ayant pas atteint l’âge pour entrer dans le temple - mais en cet instant, j'aurais juré que le ton d'un oracle n'aurait pu être différent.
Quelque chose bougea dans un angle de mon champs de vision et ce qui se passa ensuite reste flou dans ma mémoire. Je me souviens seulement que mon père m’a attrapé et caché derrière un buisson, avoir entendu des bruits émanant d’un combat, quelques éclairs, puis plus rien.
Lorsque j’ouvris les yeux, mon père se penchait sur moi pour me sortir de ma cachette. En me posant, il mit un genou à terre, mais ne pu se relever. S’il avait gagné ce combat, ce fut non sans peine ni fatigue et il était épuisé. Il m’ordonna de rechercher l’enfant avec l’aide du grand-père.
Après deux heures de recherches infructueuses, je le trouvais, sortant d’une grotte aux trois quart engloutie, crachant de l’eau sans pouvoir reprendre son souffle. Quand il le reprit enfin et se redressa, je pu enfin l’observer à loisir. Il devait avoir un ou deux ans de plus que moi et déjà un corps digne des plus grands sculpteurs : une carrure d’athlète, une peau légèrement hâlée malgré le rayonnement solaire, de superbes cheveux châtain retenus par un catogan de lin qui devait être blanc à l’origine, un visage d’ange aux proportions parfaites et surtout, des yeux bleu comme la mer quand elle est calme et le regard lointain des personnes habituées à scruter l’horizon à la recherche d’un éventuel navire.
Sur le chemin du village, j’apprenais qu’il se nommait Aryel et qu’il s’était réfugié dans la grotte sur ordre de sa mère quand le chevalier avait attaqué le village.
Nous restâmes en leur compagnie une semaine durant laquelle nous offrîmes une sépulture aux villageois massacrés sous les coups du chevalier d’Athéna. Aryel ne pleurait pas ses parents, il restait stoïque en notre présence, mais à ses yeux rougis, je comprenais qu’il s’isolait pour laisser libre cours à ses larmes.
Le grand-père nous raconta que le chevalier s’était présenté un beau matin et avait exigé que tous les villageois renient Poséidon qui était leur dieu protecteur, pour Athéna, sous peine de violentes représailles. Personne ne voulu se faire parjure et tous furent exécutés sans pitié. Seul l’aïeul avait été laissé en vie, en guise de témoin du courroux d’Athéna.
Dès cet instant, je compris que tel mon père, si mon chemin devait croiser celui d’un chevalier d’Athéna, un criminel froid et sans cœur, capable d’assassiner de sang froid femmes et enfants, je n’aurais de cesse de le harceler, et qui sait, si un jour le destin faisait de moi une guerrière, peut-être le tuerais-je de mes mains.
Le temps passait trop vite en compagnie du grand-père et de son petit-fils, nous devions reprendre la route rapidement, un long chemin devait nous attendre. Mais je savais que le visage d’Aryel allait rester un très long moment dans mon jeune esprit.
Le voyage dura près de quatre mois. Nous traversâmes l’Europe, du Sud au Nord, et nous arrivâmes enfin aux abords du royaume d’Asgard. Alors, la question qui me taraudait depuis le départ m’échappa et je demandais à mon père où nous allions et qu’allions-nous y faire ?
- " Je t’emmène sur mes terres découvrir tes origines et te préparer à devenir un spectre parmi les plus puissants. Si ta mère l’avait voulu ainsi, j’aurais dû emmener ton frère et faire de vous deux mes héritiers, mais sa volonté n’était pas telle et elle va faire former Paolo afin qu’un jour il devienne l’un des anges de Zeus. "
Cette réponse me fit peur. Et pour la première fois, je me demandais qui pouvait bien être cet homme que j’appelais père ? Et l’horreur de la situation fit surface dans mon esprit : si je devenais un spectre et mon frère un ange, un jour où l’autre, nous risquerions de nous affronter ! Mon frère bien-aimé ! Comment pourrais-je le frapper sinon dans nos joutes d’enfants ?
Mes doutes se reflétèrent sur mon visage et firent sourire l’homme qui était face à moi.
- " Je suis né ici, en terre thrace. A ton âge, j’ai prêté allégeance à Hadès et je me suis entraîné durement afin d’obtenir le rang de spectre. Alors, j’ai pu écouté les ordres des oracles et mener différentes quêtes. Jusqu’au jour où un raid me mena face au village de ta mère, en Grèce. Des anges se dissimulaient dans la population, et ces anges avaient abattus de valeureux spectres alors que ceux-ci étaient affaiblis par des combats précédents. C’est pendant ce raid que j’ai rencontré ta mère. Elle sortait du temple de Zeus dans une longue robe blanche, elle était magnifique. Je suis le seul spectre à être resté sur place après le raid mais j’ai continué à vénérer Hadès. C’est pour cela que les villageois me tenaient à l’écart d’eux et qu’ils ne voulaient pas que ton frère et toi jouent avec leurs enfants. Ils se demandaient ce qu’un spectre pouvait bien faire dans leur village ! Ta mère a continué à vénérer son dieu, même après notre union et c’est ce qui lui a permis de garder son rang de prêtresse. Mais secrètement, elle espérait que je ne vous emmène pas tout les deux loin d’elle, c’est pourquoi nous avons prit la douloureuse décision de vous séparer. Mais trêve de bavardages, viens faire connaissance avec tes nouveau frères les spectre ! Tu verras, Hadès est grand et généreux et ses spectres sont solidaires entre eux ! "
Et mon entraînement commença le jour même.
Malgré les années passées au loin, mon père avait conservé des amis fidèles qui m’accueillir comme leur fille. C’est parmi eux que je passais les cinq années suivantes pour devenir un spectre digne de ce nom. Je n’avais aucun compagnon d’entraînement de mon âge, bizarrement, tous les garçons étaient plus âgés et ne faisaient aucun cas de moi : j’étais trop chétive à leurs yeux pour supporter les exercices physiques infligés par nos maîtres, et je ne saurais jamais me battre comme un homme. De plus, étant une fille du soleil, tous pensaient que je ne tiendrais pas longtemps à l’intérieur du cercle polaire.
Et pourtant, plus les mois passaient et plus je gagnais en respect. Mes gènes thraces prenaient le dessus sur les grecs et le froid ne m’insupportait pas : je pouvais rester des heures en méditation en plein blizzard et cette force intérieure vint combler mes difficultés au combat.
J’étais plus petite et moins musclée que mes compagnons d’entraînement, ce qui me valut dès le départ une sorte d’exclusion : jamais personne ne me choisissait comme partenaire lors des entraînements mais plus je passais de temps en méditation sous la neige, plus je gagnais le respect de mes compagnons et je pus alors en affronter quelques uns pour prouver ma valeur.
Au début, ils agissaient avec moi comme si j’étais leur petite sœur : si des larmes me montaient aux yeux parce qu’on m’avait fait mal, plus personne ne voulait continuer à me faire du mal, mais plus les mois passaient, plus mon endurance grandit et plus les combats que je menais étaient violents et sans pitié.
Un jour, l’un de mes compagnons me brisa un avant-bras pendant l’entraînement et il y eu un instant ou plus personne ne bougea par crainte de me voir m’écrouler sous la douleur et d’arrêter le combat. Mais je pris sur moi et continuait le duel tant bien que mal. Bien sûr, je perdis mon affrontement, mais de peu, de très peu.
Ce jour-là, mon père m’annonça que mon entraînement était terminé et que plus personne n’avait quoi que ce soit à m’apprendre. La nouvelle du retour ne m’enchanta guère.
Mais qui disait retour, disait également revoir Aryel. Qu’était-il devenu ? Que faisait-il de sa vie ? Et soudain, j’eu envie de rentrer en Grèce.
J’avais changé. Partie à dix ans, je revenais à quinze, ce corps si chétif était devenu musclé et souple et surtout dur au mal. Désormais, je savais que même si mes membres étaient brisés, tant que ma volonté tiendrait bon, je pouvais toujours gagner le combat.
Le retour mit quatre mois également, mais pas d’Aryel dans son village, d’ailleurs, celui-ci n’avait pas été reconstruit. Ma déception fut énorme et je ne pouvais pas l’expliquer. Où plutôt, je ne voulais pas la comprendre. Les deux derniers jours de marche furent mêlés de désarrois, de peur, mais surtout d’envie de retrouver mon frère et mon meilleur ami. Qui étaient-ils devenus aujourd’hui ?
Enfin, nous arrivâmes au village. Rien n’avait changé en apparence : les quelques troupeaux de chèvres et de vaches paissaient tranquillement aux abords du village alors que les pêcheurs réparaient leurs filets à la faveur de la marée basse. Les mêmes odeurs régnaient toujours, l’embrun de la mer se mélangeait au parfum des oliviers .Qu’il faisait bon de rentrer chez soi…
Mais quelque chose avait changé. Les regards. Les villageois nous regardaient différemment, comme si mon père et moi étions des bêtes curieuses. L’ambiance qui régnait ici n’augurait rien de bon. Et même si je ne m’attendais pas à un accueil chaleureux, celui-là était encore plus froid que les régions que nous venions de quitter.
Enfin, notre maison nous apparût au coin d’une rue bien connue. Bizarrement, j’y sentais la présence de trois personnes. Mère devait y être occupée, Paolo devait certainement se rendre utile d’une façon quelconque – je ressentais bien leur présence, si familière - mais de qui pouvait émaner la troisième présence ? Mon père ressentait la même chose que moi et nous pressâmes le pas.
C’était lui, il était là, face à nous, je le reconnu tout de suite et mon père aussi. Même si les retrouvailles avec ma mère me parurent quelque peu froides, si mon frère faillit m’étouffer en me serrant dans ses bras, je me souviendrais toute ma vie de la poignée de main que j’échangeais à ce moment-là avec Aryel.
Plus tard, il me raconta qu’après notre départ, son grand-père et lui partirent des ruines de leur village pour trouver une terre d’accueil. Cette terre, ils la trouvèrent auprès des nôtres. Son aïeul décéda quelques mois plus tard. Son camarade de jeu et ami le plus proche – mon frère – lui proposa de l’héberger chez lui puisque une chambre était vacante suite au départ de sa sœur. Après avoir hésité, il accepta l’offre et c’est ainsi qu’il pu suivre de prêt l’entraînement de son jeune ami qui était bien décidé à devenir l’un des meilleurs anges. Par là même, et avec les comptes-rendus journaliers que mon frère lui faisait, Aryel apprit ce qu’était et à quoi servait le cosmos, puis les combats et ses différentes tactiques. C’est ainsi que sans le savoir, et tout en apprenant encore, Paolo devint le maître d’Aryel.
Les jours passèrent, mais je ne pouvais toujours pas retourner dans le temple de Zeus. D’ailleurs, je crois bien que ma présence aurait choquée et outrée plus d’un villageois. C’est à ce moment-là que je compris pourquoi mon père n’y allait jamais. Non pas que je craignais un châtiment divin – je pensais bien qu’un dieu du rang de Zeus n’avait rien à faire qu’un spectre aussi jeune que moi n’entre dans l’un de ses temples – je craignais qu’Hadès qui m’observait, ne se méprenne sur mes intentions et pense que je ne joue sur deux tableaux à la fois.
Puis les mois passèrent. Je me rapprochais de plus en plus d’Aryel et lui de moi. Mais je ne remarquais pas le regard de Thomas et grand mal m’en prit. Il commença alors à changer imperceptiblement.
